Accompagner les élèves qui éprouvent des problèmes de santé mentale en milieu scolaire
Le travail que les membres du personnel scolaire accomplissent chaque jour pour créer des écoles sains favorise la santé mentale et le bien-être, et améliore les capacités d’apprentissage des élèves. Cependant, dans chaque classe et chaque école, certains élèves auront davantage besoin d’un accompagnement adapté à leur santé mentale et à leur bien-être.
Même si le personnel scolaire n’est pas censé traiter les problèmes de santé mentale, il joue néanmoins un rôle clé en apportant un soutien quotidien qui favorise le sentiment d’appartenance et une bonne santé mentale. En tant qu’adultes de confiance, les membres du personnel scolaire peuvent apporter un soutien immédiat susceptible d’améliorer le quotidien des élèves : en les écoutant, en prenant en compte leurs préoccupations, en les orientant vers les services dont ils ont besoin et en contribuant à favoriser un sentiment de bien-être et de stabilité à l’école. Il s’agit également de travailler avec des prestataires de services de santé mentale afin de renforcer les compétences et les stratégies destinées à aider l’élève à réussir à l’école.
Pourquoi est-ce important?
Si certains élèves ont besoin de services de santé mentale formels dispensés par un professionnel agréé pour un trouble mental diagnostiqué, de nombreux jeunes n’ont besoin que du soutien d’un adulte de confiance à l’école, à la maison ou dans la communauté. À l’école, le personnel de soutien aux élèves, le personnel enseignant en orientation, les enseignants chargés de la réussite des élèves, les accompagnateurs pour l’obtention du diplôme, le personnel enseignant-ressource, les animateurs de pastorale et d’autres intervenants peuvent aider les jeunes à surmonter des émotions et des situations difficiles.
Comment les adultes bienveillants peuvent-ils apporter leur soutien à l’école?
Quelques pratiques clés peuvent faciliter ce rôle de soutien important : la validation, la psychoéducation (littératie ciblée en santé mentale), l’amplification des stratégies que les élèves possèdent déjà, les stratégies d’apaisement, le soutien à la résolution de problèmes et le renforcement des stratégies recommandées par les professionnels de la santé mentale.
Validation
La validation émotionnelle est un processus qui consiste à écouter un élève sans toutefois le juger et à valider son expérience émotionnelle sans chercher à la changer. La validation émotionnelle met l’accent sur l’expérience émotionnelle, la sagesse et les forces des élèves. Il s’agit de faire preuve d’humilité culturelle en réfléchissant à nos propres préjugés et hypothèses, et en restant ouvert et attentif aux façons uniques des élèves d’identifier, d’exprimer et de gérer leurs émotions. L’écoute et la validation constituent une forme de soutien, et parfois aucune autre réponse n’est nécessaire.
Psychoéducation (littératie en santé mentale)
En découvrant ce qu’est la santé mentale à l’école, les élèves peuvent acquérir des compétences et des habitudes susceptibles de favoriser leur bien-être. De plus, cet apprentissage peut les aider à gérer le stress, à reconnaître les signes de problèmes de santé mentale courants et à savoir où et comment chercher de l’aide en cas de besoin. La sensibilisation à la santé mentale peut également être adaptée à la compréhension de chaque élève et à ses besoins propres. Par exemple, découvrir les liens entre les pensées, les sentiments et les actions dans le cadre du programme Éducation physique et santé peut constituer une bonne introduction à la compréhension de l’anxiété. De même, la psychoéducation sur les médias numériques et l’utilisation équilibrée des appareils favorisent des choix personnels sains et sûrs dans ce domaine.
Renforcer les stratégies que les élèves possèdent déjà
En tant qu’adultes bienveillants, les membres du personnel scolaire peuvent jouer un rôle important en renforçant les stratégies que les élèves possèdent déjà et qui ont fonctionné pour eux, ou celles qui, selon eux, les soutiendront comme ils en ont besoin maintenant ou à l’avenir. Il est important que les élèves soient accompagnés pour déterminer ce qui leur convient le mieux, et que les écoles créent des environnements où ils peuvent explorer diverses stratégies pour favoriser leur santé mentale et leur bien-être, et choisir celles qui leur conviennent le mieux. Les élèves peuvent se rendre compte que les stratégies qui fonctionnent aujourd’hui risquent de s’avérer moins efficaces à l’avenir, et inversement; d’où l’intérêt d’essayer différentes méthodes.
Stratégies apaisantes
Les stratégies apaisantes sont des mesures que nous pouvons prendre pour aider notre esprit et notre corps à se sentir plus stables, concentrés et équilibrés, surtout lors des moments de stress ou de surmenage. Chacun ressent le calme différemment. Pour certains, le calme est synonyme de tranquillité; pour d’autres, il est synonyme d’énergie et d’activité. Ces stratégies peuvent inclure des techniques de respiration et d’ancrage, des activités de visualisation, passer du temps en pleine nature ou avec des amis/la communauté, etc.
Ressources pour appuyer les stratégies apaisantes
Assistance à la résolution de problèmes
La résolution de problèmes est une compétence du quotidien qui influence tous les aspects de la vie d’un élève. Les élèves peuvent adopter toute une gamme de stratégies de résolution de problèmes pour surmonter les difficultés scolaires, les difficultés relationnelles (p. ex., les conflits entre pairs) et les facteurs de stress de la vie sur lesquels ils ont un certain contrôle. Grâce à des compétences de base en gestion de conflits, les élèves apprennent, par la pratique, à prendre des décisions et à gérer des interactions complexes avec assurance.
Ressources pour appuyer la résolution de problèmes
Renforcer les stratégies recommandée
Le travail d’équipe peut vraiment transformer la réalité d’un enfant aux prises avec un problème de santé mentale qui suit un traitement en milieu scolaire ou communautaire, et le personnel scolaire a ici une fonction cruciale. Lorsque les élèves bénéficient d’un accompagnement en santé mentale, ils reçoivent souvent des conseils pour les aider en classe et à l’école. Le personnel scolaire doit se renseigner sur les stratégies à adopter, en discuter avec l’élève, le parent/aidant naturel et le professionnel de la santé mentale, et, si possible, les mettre en œuvre de manière concrète. Par exemple, si un élève ressent de l’anxiété à l’idée de venir à l’école, un suivi quotidien avec un adulte bienveillant pourrait lui être proposé afin de l’aider à se sentir plus serein et mieux soutenu dans la gestion de ses émotions. De même, pour un élève qui appréhende de prendre la parole en classe, l’enseignant et l’élève pourraient convenir d’un signe permettant de savoir quand l’élève se sent prêt à répondre à une question. Le personnel scolaire est bien placé pour apporter un soutien quotidien et continu aux élèves qui bénéficient d’un accompagnement en matière de santé mentale.
Savoir détecter quand un soutien supplémentaire peut être nécessaire
Parfois, des changements dans la manière dont un élève exprime ses pensées, ses sentiments ou ses réactions peuvent être le signe d’un problème de santé mentale émergent. Pour en savoir plus, consultez la section « Remarquer les problèmes émergents de santé mentale chez les élèves ».
Problèmes de santé mentale courants chez les élèves
Les difficultés relatives à l’attention, l’humeur et à l’anxiété sont des problèmes de santé mentale courants chez les jeunes. La connaissance des préoccupations courantes en matière de santé mentale peut aider le personnel scolaire à se sentir plus confiant dans l’apport d’un soutien par des actions quotidiennes au sein du milieu scolaire et peut également favoriser l’identification précoce et le soutien.
Chaque élève est unique et ce qui fonctionne pour un individu peut ne pas fonctionner pour un autre. Les besoins en matière de santé mentale peuvent également évoluer, nécessitant une augmentation ou une diminution du niveau de soutien. Il faut connaître chaque élève et communiquer régulièrement avec les personnes qui forment leur cercle de soutien.
L’anxiété à l’école
La plupart d’entre nous se sentent anxieux de temps en temps. Et bien que cela puisse être inconfortable, l’anxiété est en fait souvent une émotion utile. Des niveaux d’anxiété appropriés peuvent nous aider à rester concentrés et performants. Vous pouvez aider les élèves à apprendre à reconnaître et à gérer les sentiments d’anxiété, et à les mettre en contact avec davantage de soutien, si ces changements provoquent une détresse accrue, se manifestent souvent, et perturbent la vie quotidienne de l’élève.
Voici quelques stratégies quotidiennes à mettre en application :
- Ayez des routines quotidiennes prévisibles et annoncez des changements à l’avance.
- Normalisez l’expérience de l’anxiété et travaillez pour réduire les sources potentielles de stress à l’école.
- Comprenez que les élèves peuvent ressentir ou exprimer leur anxiété différemment, en fonction de leurs antécédents culturels et de leurs circonstances personnelles.
- Enseignez et renforcez les compétences cognitives en matière de gestion du temps et de révision afin que les élèves se sentent plus préparés et confiants pour les tests et les devoirs.
- Aidez les élèves à décomposer de grandes tâches en éléments gérables.
- En classe, prenez le temps de mettre en pratique les techniques de réduction du stress et de modeler des stratégies efficaces. Veuillez consulter notre section « Trouver une ressource » afin d’obtenir des ressources pour la salle de classe.
- Renforcez les habiletés socioémotionnelles qui favorisent l’affirmation de l’identité, telles que la résolution de problèmes, la prise de décision et la résolution de conflits.
- Encouragez les élèves à prendre des risques de manière saine, et renforcez leurs efforts soutenus tout en encourageant une mentalité de croissance.
- Lorsque les élèves ont du mal à acquérir une nouvelle compétence, rappelez-leur d’être tolérants envers eux-mêmes et de prendre le temps dont ils ont besoin pour apprendre et s’exercer.
- Mettez en place des moyens permettant à tous les élèves de participer en classe (p. ex., les discussions en petits groupes aideront les élèves qui sont timides ou qui apprennent une nouvelle langue).
Si vous remarquez qu’un élève semble être perturbé par des changements liés aux problèmes d’anxiété, ou que la situation l’empêche d’apprendre, surveillez-le, documentez vos observations et essayez des stratégies ciblées pour la salle de classe.
Soutien ciblé en classe pour les élèves souffrant d’anxiété
Bien que ces stratégies aient été conçues pour la salle de classe, bon nombre d’entre elles peuvent être mises en œuvre dans d’autres contextes au sein de l’environnement scolaire.
Ce que vous observez
Difficulté à se séparer des aidants naturels
Stratégies ciblées
- Assurez une routine d’arrivée cohérente et prévisible.
- Fournissez une rétroaction positive pour le comportement courageux.
- Abstenez-vous de commenter les craintes.
- Prenez des dispositions pour qu’un copain salue l’élève et l’aide à l’intégration dans la salle de classe.
- Maintenez une communication régulière avec le parent ou l’aidant naturel.
- Travaillez avec le parent ou l’aidant naturel afin de déterminer des moyens positifs pour récompenser un comportement non anxieux (p. ex., permettre à l’élève d’emporter un livre spécial ou un jouet à la maison quand il est courageux à l’école).
Un besoin exagéré d’être parfait
- Démontrez que les erreurs font partie de l’apprentissage et qu’elles peuvent être considérées comme des opportunités.
- Encouragez l’élève à produire des brouillons et à faire du remue-méninges.
- Utilisez des rubriques pour décrire les attentes de résultats réalistes.
- Félicitez l’élève pour l’achèvement des tâches à temps, sans révision continue.
- Utilisez un discours qui renforce l’estime de soi (« oups, j’ai commis une erreur; ça ira mieux la prochaine fois. »).
- Reconnaissez que les erreurs peuvent parfois être décevantes ou inconfortables, mais sans chercher à les « réparer ».
Inquiétudes concernant les tests et examens
- Fournissez des instructions sur les stratégies efficaces pour le jour de l’examen (p. ex., écrire les éléments que vous avez mémorisés avant de regarder les questions, répondre aux questions faciles en premier).
- Encouragez l’utilisation des exercices de respiration qui permettent de rester calme.
- Évitez de donner des tests non planifiés, car certains élèves ont besoin d’être prévenus.
- Réservez un environnement distinct pour les tests et les examens.
- Prévoyez plus de temps, si nécessaire.
Anxiété au sujet de l’exécution des tâches à temps
- Donnez un préavis en ce qui concerne les tests, les devoirs et les tâches à durée limitée.
- Utilisez des listes de vérification et des rappels visuels pour les tâches et les activités à venir.
- Aidez l’élève à diviser le projet en parties gérables à l’aide d’un calendrier ou d’un horaire pour compléter chaque partie.
- Fournissez de la rétroaction et de l’encouragement pour chaque section de travail terminée.
- Prévoyez plus de temps, si nécessaire.
Peur des situations sociales à l’école, notamment parler en public
- Travaillez à développer un climat d’acceptation et de bienveillance dans toute la classe.
- Rassurez les élèves en leur disant que tout le monde se sent angoissé de parler devant la classe.
- Travaillez progressivement avec les élèves pour les entraîner à faire des présentations en classe en les faisant pratiquer en dyades ou en petits groupes, ou proposer des alternatives.
- Encouragez l’élève à participer aux interactions sociales.
- Si un élève est inquiet de répondre aux questions en classe, envisagez d’abord les questions auxquelles celui-ci doit répondre par oui ou par non (au lieu des questions ouvertes), demandez à l’élève de mémoriser des questions et des réponses avant le cours, ou élaborez une méthode qui vous indique que ce dernier est prêt à répondre.
L’attention en salle de classe
De nombreux élèves auront parfois des difficultés à se concentrer, à gérer leurs impulsions ou à terminer des tâches. Des stratégies et du soutien en salle de classe peuvent aider tous les élèves à maintenir leur attention et à optimiser leur apprentissage.
Pour la plupart des élèves, des stratégies générales et du soutien seront suffisants pour les aider à maintenir leur niveau d’attention. Nous pouvons aider les élèves à acquérir des compétences leur permettant de rester concentrés, terminer leurs tâches, attendre leur tour, etc. Nous pouvons également maintenir des environnements de classe qui aident les élèves à s’engager et à s’autogérer afin qu’ils soient disposés à apprendre.
Voici quelques stratégies quotidiennes à mettre en application afin que votre milieu d’apprentissage favorise la santé mentale :
- Maintenez un environnement accueillant et positif où les attentes sont clairement définies.
- Mettez en place des routines prévisibles dans la salle de classe et annoncez les changements à l’avance.
- Utilisez des rappels visuels et des aide-mémoire.
- Enseignez/renforcez/modelez les compétences organisationnelles, en aidant les élèves à préparer le matériel nécessaire à l’apprentissage (p. ex., avoir entre vos mains des stylos et des crayons de rechange).
- Enseignez/renforcez/modelez les compétences en matière de gestion du temps, en aidant les élèves à répartir les tâches et à bien utiliser le temps en classe (p. ex., en utilisant un calendrier ou un agenda).
- Enseignez/renforcez les techniques d’étude, en aidant les élèves à se préparer aux tests et à travailler de façon méthodique lors des examens (p. ex., des stratégies de vérification du travail).
- Offrez aux élèves une variété de moyens intéressants pour accéder à l’information et démontrer leurs forces.
- Créez une culture de compassion au sein de votre salle de classe, grâce à laquelle les élèves savent qu’ils peuvent demander de l’aide en cas de besoin.
- Concevez des environnements qui minimisent l’encombrement et les distractions.
- Envisagez de concevoir des espaces pouvant favoriser la concentration qui seront utilisés lorsque les élèves en ressentiront le besoin.
- Lorsque les élèves éprouvent occasionnellement des problèmes d’attention et d’hyperactivité ou d’impulsivité, rappelez-vous qu’ils acquièrent les compétences en matière de fonctionnement exécutif et que cela demande du temps.
Si vous remarquez qu’un élève semble être perturbé par des changements liés aux problèmes d’attention, ou que la situation l’empêche d’apprendre, surveillez-le, documentez vos observations et essayez des stratégies ciblées pour la salle de classe.
Soutien ciblé en salle de classe pour les élèves ayant des problèmes d’attention
Bien que ces stratégies aient été conçues pour la salle de classe, bon nombre d’entre elles peuvent être mises en œuvre dans d’autres contextes au sein de l’environnement scolaire.
Ce que vous observez
Problèmes d’attention
Stratégies ciblées
- Maintenez un environnement de classe prévisible.
- Fournissez un espace de travail tranquille en limitant le bruit et les distractions lorsque les élèves exécutent des tâches nécessitant une attention soutenue.
- Fragmentez l’enseignement et les activités de suivi afin que ceux-ci soient plus gérables.
- Fournissez une rétroaction positive pour les efforts faits pour rester à la tâche.
- Désignez des places privilégiées dans la classe.
- Gardez les tâches courtes et réalisables.
- Fournissez des échéanciers et des calendriers visuels.
Problèmes d’impulsivité
- Rappelez aux élèves qu’il faut être attentif, écouter et s’arrêter un petit moment avant de parler.
- Enseignez et modelez une approche planifiée des tâches et des conversations.
- Fournissez des rappels pour vérifier l’avancement du travail.
- Encouragez l’intégration des moments de pause comme compétence essentielle à tout travail.
- Fournissez une rétroaction positive pour les efforts faits pour rester à la tâche.
- Intervenez au moment que l’élève doit performer ou exécuter la tâche — fournir des rappels au besoin.
Problèmes avec la vitesse de traitement de l’information
- Fournissez des copies des notes.
- Répétez les instructions ou les concepts compliqués.
- Prolongez les délais.
- Indiquez qu’une question est imminente et permettez un temps de réponse plus long.
- Proposez des travaux plus courts.
Problèmes de mémoire de travail
- Affichez visuellement les informations clés et les rappels pour que tous les élèves puissent les consultez.
- Fragmentez l’enseignement afin que celui-ci soit plus gérable.
- Offrez des instructions faciles à suivre, en particulier pour les tâches complexes.
- Fournissez des aide-mémoire, si nécessaire.
- Fournissez des aides à la mémoire (p. ex., mnémonique).
Problèmes au niveau du fonctionnement exécutif
- Préparez les élèves aux transitions.
- Fixez des délais réalistes quant aux travaux et aux tests.
- Fragmentez le travail et offrir des échéances intermédiaires.
- Fournissez des listes de contrôle et des organisateurs graphiques pour soutenir le séquençage et l’organisation.
- Fournissez un soutien supplémentaire pour organiser le pupitre, les notes, le matériel, etc.
- Mettez en place un système de communication quotidien entre la maison et l’école pour s’assurer que les travaux sont exécutés.
Les difficultés d’humeur en salle de classe
Il nous arrive à tous d’éprouver de temps en temps des sentiments de tristesse ou d’irritabilité. La plupart des élèves se remettent rapidement de leurs difficultés d’humeur occasionnelles. Cependant, il arrive parfois que ces problèmes soient associés à une maladie mentale qu’on peut diagnostiquer et qui nécessite une évaluation par un professionnel de la santé mentale et du soutien.
Dans la plupart des cas, il suffit d’un soutien général pour assurer la santé mentale des élèves. Voici quelques stratégies quotidiennes à mettre en application afin que votre milieu d’apprentissage favorise la santé mentale :
- Accueillez chaleureusement chaque élève chaque jour.
- Montrez-lui que vous êtes content qu’il fasse partie de votre classe et que vous êtes heureux qu’il soit présent aujourd’hui à l’école.
- Songez à prévoir du temps au début du cours pour faire le point avec les élèves avant qu’ils n’entament les travaux scolaires.
- Montrez un intérêt pour les histoires, les opinions et les préoccupations des élèves. Ils peuvent lancer de nouvelles idées et vous pouvez les influencer de manière positive en les écoutant attentivement et en les appuyant.
- Favorisez la compréhension de la santé mentale en salle de classe et présentez le vocabulaire qui s’y rattache afin de réduire la stigmatisation des élèves qui peuvent éprouver des difficultés.
- Transmettez par vos paroles et vos actions le fait que chaque jour constitue l’occasion d’un nouveau départ.
- Remarquez si des élèves sont fréquemment en retard ou absents, et demandez-vous pourquoi, surtout si vous observez chez eux un changement de comportement. Offrez un accueil particulièrement chaleureux à ceux qui éprouvent des difficultés pour se rendre à l’école.
- Réduisez la stigmatisation en indiquant que les sautes d’humeur sont normales et en étant un bon modèle pour faire face au stress de la vie.
- Encouragez la participation active et l’engagement à la vie de la classe.
Si vous remarquez qu’un élève semble être perturbé par des changements liés aux problèmes d’humeur, ou que la situation l’empêche d’apprendre, surveillez-le, documentez vos observations et essayez des stratégies ciblées pour la salle de classe.
Soutien ciblé en salle de classe pour les élèves ayant des problèmes d’humeur
Bien que ces stratégies aient été conçues pour la salle de classe, bon nombre d’entre elles peuvent être mises en œuvre dans d’autres contextes au sein de l’environnement scolaire.
Pour un élève susceptible de souffrir de problèmes de l’humeur, les stratégies suivantes peuvent permettre d’éviter que la situation ne s’aggrave ou d’en atténuer les conséquences. Ces mêmes stratégies peuvent également favoriser la guérison d’un trouble de l’humeur diagnostiqué. Il est important de collaborer avec l’élève, sa famille et les professionnels de la santé mentale qui le prennent en charge si vous voulez veiller à ce les stratégies auxquelles vous recourez répondent à ses besoins.
- Prêtez une attention particulière aux stratégies quotidiennes de niveau 1 pour les élèves les plus à risque (ils peuvent profiter d’une « dose » plus élevée de ces pratiques bienveillantes).
- Vérifiez s’il y a une personne de soutien (vous-même, un autre enseignant, la direction de l’école) disponible pour accueillir discrètement l’élève à son arrivée ou pour faire le point avec lui pendant la journée.
- Au besoin, reconnaissez l’effort qu’il fait pour assister chaque jour à ses cours.
- Aidez-le à réussir à l’école. Par exemple, remettez-lui le schéma des cours, vérifiez s’il comprend les concepts et les tâches à exécuter, et accordez-lui des préavis généreux pour les tests, les devoirs ou tout autre travail ayant une date limite.
- Limitez les travaux chronométrés et autres exigences scolaires stressantes.
- Fragmentez les devoirs, et fournissez du soutien et des encouragements pour les efforts qu’il déploie dans ses travaux scolaires.
- Corrigez ses erreurs ou proposez des améliorations d’une manière qui l’appuie et qui loue ses efforts.
- Établissez des attentes et des priorités réalistes de manière collaborative, y compris avec l’élève lorsque c’est possible, en lui fournissant des mesures d’adaptation pour son apprentissage (p. ex., du temps supplémentaire pour les tests et les devoirs).
- Dressez avec lui un plan d’adaptation en salle de classe, qui peut comprendre l’élaboration de signaux pour indiquer qu’il a besoin d’un soutien supplémentaire ou pour lui rappeler une stratégie d’adaptation.
- Saisissez au vol les occasions de lui enseigner des compétences en matière de résolution de problèmes, les techniques de relaxation et d’autres mécanismes d’adaptation, ou encore de les renforcer.
- Mettez en place un système de communication entre la maison et l’école pour transmettre l’information sur ses progrès scolaires, sociaux et émotionnels.
- Gardez à l’esprit que certaines situations peuvent être particulièrement difficiles pour l’élève. Comprenez que son refus de participer peut être associé à son problème d’humeur.
- S’il accuse du retard sur le plan scolaire, dites-lui qu’il peut se rattraper. Montrez-lui les étapes à suivre et ayez des attentes souples et réalistes.
- Faites preuve d’optimisme et aidez-le à « avoir une lueur d’espoir » lorsque surviennent des problèmes.
- S’il retourne à l’école après une hospitalisation ou une absence prolongée, collaborez avec lui, sa famille et son équipe de soutien pour élaborer un plan de stratégies spécifiques de réinsertion, compte tenu des problèmes de stigmatisation, de la charge de travail, de la matière qu’il a manquée et de son besoin de se faire réconforter.
- Soyez au fait de toutes les procédures de votre conseil scolaire pour pouvoir traiter avec les élèves qui manifestent des pensées suicidaires.
Soutien en classe valorisant l’identité
La santé mentale des élèves est influencée par leur identité, leur culture et leur vécu. Lorsque les dispositifs de soutien en classe valorisent l’identité, ils favorisent des environnements d’apprentissage où chaque élève peut s’épanouir.
Le soutien en classe valorisant l’identité comprend ce qui suit :
- Reconnaître que les expériences de stress, de traumatisme et de résilience sont diverses et propres à chaque élève.
- Reconnaître comment le racisme, la discrimination ou les préjugés peut avoir des répercussions sur le bien-être des élèves.
- Adapter les stratégies afin de refléter les conceptions culturelles du bien-être et de la communication et de renoncer aux pratiques qui ne le font pas.
- Privilégier un partenariat avec les familles et les membres de la communauté pour parvenir à une compréhension commune des besoins des élèves.
- Éviter les suppositions relatives au comportement et à la communication, en comprenant que les émotions et les mécanismes d’adaptation peuvent s’exprimer de diverses manières, souvent influencées par l’identité des élèves.
Lorsque les mesures de soutien tiennent compte de l’identité et du contexte communautaire, les élèves ont plutôt tendance à se sentir les bienvenus, respectés et compris, et les salles de classe deviennent alors des lieux propices aux mesures de prévention et d’accompagnement.
Ressources
Georgiades, K., Duncan, L., Wang, L., Comeau, J., & Boyle, M. H. (2019). Six-month prevalence of mental disorders and service contacts among children and youth in Ontario: Evidence from the 2014 Ontario Child Health Study. The Canadian Journal of Psychiatry, 64(4), 246–255. https://doi.org/10.1177/0706743719830024
Ontario College of Teachers. (2018). Supporting students’ mental health – Professional advisory. https://www.oct.ca/resources/advisories/mental-health
Ontario Public Service. (2013). Supporting minds: An educator’s guide to promoting students’ mental health and well-being. https://ontario.cmha.ca/wp-content/files/2013/10/SupportingMinds.pdf
