Mesures concrètes pour une santé mentale en milieu scolaire qui affirme l’identité
Démanteler
Par démantèlement, nous entendons le fait de démonter ce qui ne sert plus aux élèves et de faire place à ce qui leur est utile.
Démanteler les inégalités en éducation commence par comprendre les conditions qui les ont créées. Les écoles sont des lieux où les élèves devraient se sentir en sécurité, soutenus et capables d’apprendre. Cependant, le système éducatif, comme tous les systèmes dans la société, peut involontairement renforcer les inégalités lorsque certaines structures, pratiques ou traditions avantagent certains élèves plus que d’autres.
Ces inégalités ne sont pas apparues par hasard. Elles sont le résultat d’histoires oppressives à travers le monde et au Canada, fondées sur la croyance nuisible que les valeurs, savoirs et cultures européennes blanches étaient supérieurs. Ces fausses croyances ont façonné de nombreux systèmes encore en place aujourd’hui, y compris l’éducation, et continuent d’influencer les environnements scolaires de manière à la fois subtile et évidente.
Démanteler les inégalités exige que nous :
- reconnaissions cette histoire et ses répercussions disproportionnées;
- comprenions comment elles continuent de se manifester dans nos structures actuelles;
- prenions des mesures délibérées pour éliminer les obstacles.
Afin que tous les élèves puissent ressentir un sentiment de sécurité, d’appartenance et de bien-être à l’école.
Que nous dit la recherche?
- Un solide corpus de recherche démontre que les expériences de discrimination ont des répercussions directes et nuisibles sur la santé mentale et l’apprentissage des élèves.
- Les microagressions raciales, par exemple les suppositions liées à la criminalité, à de faibles capacités scolaires, à un dysfonctionnement familial ou à d’autres attentes stéréotypées fondées sur le déficit, sont associées à une augmentation du stress, de l’anxiété et d’autres effets néfastes sur la santé mentale des élèves. Ces effets sont encore aggravés lorsque les pratiques discriminatoires proviennent d’adultes en position d’autorité, y compris le personnel scolaire.
- Lorsque des actes ou des comportements nuisibles ne sont pas corrigés, leurs effets s’aggravent et les inégalités qui les alimentent persistent. En revanche, la recherche montre que le personnel qui s’engage activement dans des pratiques antiracistes et anti-oppressives — en nommant les préjugés, en interrompant les actions nuisibles, en offrant du soutien et en favorisant des relations de mentorat solides — peut améliorer le bien-être des élèves et aider à atténuer certains des effets négatifs de la discrimination.
- Cependant, les preuves montrent également clairement que le soutien individuel ne suffit pas. Bien que les relations positives soient importantes, les écoles doivent également examiner et démanteler les formes structurelles et systémiques d’oppression qui créent des conditions inéquitables dès le départ. Cela inclut l’examen des politiques, des procédures et des pratiques organisationnelles à travers une perspective antiraciste et anti-oppressive, comme le souligne la Commission ontarienne des droits de la personne.
Considérations et approches :
Démanteler les iniquités en santé mentale en milieu scolaire est un travail collectif. Cela ne repose pas uniquement sur les équipes de leadership en santé mentale ni sur certains membres du personnel; il exige un effort coordonné entre les services, les secteurs d’activité et les rôles, tant à l’échelle de l’école qu’à celle du système. Chaque membre du personnel scolaire contribue aux conditions qui façonnent la santé mentale et le bien-être des élèves. Cela comprend notre façon d’apprendre, de collaborer, les politiques et les pratiques que nous appliquons ainsi que notre manière de tenir compte de l’identité, de la culture et de la communauté dans notre travail quotidien visant à soutenir l’apprentissage et le bien-être des élèves. Lorsque les services collaborent de manière intentionnelle — éducation autochtone, équité, écoles sécuritaires, programme d’études, ressources humaines, foi, religion, recherche, santé mentale et autres — les écoles deviennent plus aptes à créer des environnements où chaque élève se sent en sécurité, soutenu, et capable d’apprendre et de s’épanouir.
Parmi les mesures concrètes à envisager dans ce domaine, mentionnons les suivantes :
Favoriser le perfectionnement professionnel continu afin de renforcer les connaissances communes à l’échelle du système et de contribuer à la mise en place de pratiques cohérentes qui affirment l’identité, réduisent les préjudices et améliorent l’accès à des services de santé mentale en milieu scolaire adaptés à la culture et axés sur le soutien.
- Il peut être utile de commencer par la haute direction et les responsables des services ou des équipes afin de diffuser les occasions d’apprentissage qui soutiendront la formation de l’ensemble du personnel en matière d’identité et de santé mentale.
- Lors de la mise en place de réseaux ou de groupes d’apprentissage professionnel ponctuels ou continus, il importe de réfléchir à la pertinence de codévelopper des ententes de fonctionnement afin de favoriser un climat de sécurité, de respect et de dialogue réflexif.
- Il convient également d’envisager d’exiger un perfectionnement professionnel continu pour tout le personnel sur les enjeux liés à l’oppression, à la réconciliation et à l’équité, ainsi que sur leur intersection avec la santé mentale et le bien-être.
- S’appuyer sur des cadres et des pratiques anti-oppressifs lors de l’élaboration de ressources et de soutiens en santé mentale.
- Envisager des occasions de perfectionnement professionnel permettant de cerner les obstacles psychologiques à la remise en question de l’oppression et du racisme, et de proposer des stratégies concrètes pour surmonter ces obstacles dans la prestation de services de santé mentale en milieu scolaire.
- Explorer des occasions d’apprentissage interactives, telles que des vidéos avec pauses de réflexion et discussion, des ateliers et des exercices d’application concrète. Prévoir du temps et des espaces dédiés pour permettre au personnel de faire part de ses expériences et d’apprendre ensemble, particulièrement en ce qui concerne les enjeux liés à l’oppression et à l’identité dans le contexte de la santé mentale des élèves.
Faire de la réconciliation et de l’équité des éléments centraux des objectifs et des initiatives en santé mentale, puisque des engagements clairs et des mécanismes de responsabilisation contribuent à garantir que les soutiens en santé mentale répondent véritablement aux inégalités et améliorent les résultats.
- Inviter des leaders autochtones, des partenaires communautaires et des élèves à participer à l’élaboration des objectifs et des initiatives liés à l’identité et à la santé mentale, et veiller à ce que leurs perspectives et leurs besoins soient fidèlement représentés.
- Lors de la planification des initiatives, reconnaître que le fait de placer la réconciliation et l’équité au centre des démarches et d’intégrer une diversité de points de vue demande du temps. Sachez qu’il s’agit d’un investissement de temps essentiel pour répondre véritablement aux besoins des élèves de votre communauté.
- Réfléchir à la manière dont les stratégies et plans d’action en santé mentale peuvent préciser des objectifs, des échéanciers et des mécanismes de responsabilisation liés à la réconciliation et à l’équité.
Créer et soutenir des espaces . Les espaces d’affinité offrent des protections contre le stress et la discrimination tout en favorisant le lien communautaire, des facteurs clés pour une bonne santé mentale.
- Allouer des ressources pour établir et fournir une formation continue ainsi qu’un soutien aux groupes d’affinité spécifiques à l’identité pour le personnel, afin de discuter des expériences liées aux identités marginalisées en matière de race, d’identité et de santé mentale de manière bienveillante.
- Collaborer avec les élèves pour établir des espaces d’affinité axés sur la promotion du bien-être et répondant aux besoins cernés par les élèves, par exemple soutien, sécurité et communauté.
- Prendre le temps de mettre en place les conditions nécessaires au développement et à la pérennité de ces espaces afin de s’assurer qu’ils sont bien compris de tous, qu’ils répondent à leurs objectifs et qu’ils maintiennent une culture positive, inclusive et soutenante au fil du temps.
Établir la confiance et la responsabilité. Des pratiques de données transparentes et sensibles aux enjeux d’identité permettent aux écoles de mettre en lumière les inégalités, de suivre les progrès et de s’assurer que les soutiens en santé mentale bénéficient aux élèves qui en ont le plus besoin.
- Associer les services des ressources humaines aux révisions des politiques et des procédures afin d’encourager et de promouvoir la diversité dans les processus d’embauche et les possibilités de leadership. Une main-d’œuvre plus diversifiée contribue à garantir que les élèves rencontrent des adultes qui comprennent et reflètent leurs expériences vécues, influençant ainsi positivement leur sentiment de sécurité, d’appartenance et de bien-être mental.
- Les processus de prise de décision pourraient bénéficier de la garantie que les comités et les groupes de travail soient représentatifs des communautés marginalisées. La diversité des perspectives dans ces espaces favorise l’élaboration de politiques et de pratiques en santé mentale adaptées à la culture, répondant mieux aux besoins de tous les élèves.
- La collecte et l’utilisation de données fondées sur l’identité ou désagrégées peuvent aider à identifier les lacunes dans les services ou les résultats, et peuvent orienter les objectifs, les interventions et la planification des services afin de remédier aux disparités touchant les élèves marginalisés.
- Il est important d’évaluer la manière dont les données des élèves et du personnel sont collectées et utilisées. Il est important d’assurer la responsabilisation quant aux actions liées aux résultats de sondages ou de groupes de discussion, particulièrement lorsque les perspectives proviennent de communautés marginalisées. La responsabilité peut être liée à un plan clairement défini sur la manière dont les données collectées seront utilisées, comment les résultats agrégés peuvent être accessibles aux participants à la collecte de données, ainsi qu’à un processus d’examen et de révision continus.
- Il convient de réfléchir à la mesure et au suivi des initiatives de réconciliation et d’équité afin d’évaluer leur incidence sur le bien-être des élèves, leur sentiment d’appartenance, entre autres, et de s’assurer que les changements mis en œuvre bénéficient réellement à ceux qui en ont le plus besoin.
- Il est également pertinent d’envisager des méthodes d’évaluation adaptées à la culture, telles que la recherche participative communautaire, la narration et l’analyse narrative, les groupes de discussion et cercles de partage, ainsi que des approches d’évaluation fondées sur les forces, afin de mieux saisir de manière globale l’incidence des initiatives de mieux-être mental.
- Lors de la collecte de données relatives aux communautés autochtones, il est essentiel de respecter les principes de l’OCAP® afin d’assurer la souveraineté des données et le respect des manières de savoir autochtones.
Réaliser des audits d’équité et de santé mentale. Ces audits contribuent à garantir que les services et soutiens en santé mentale sont accessibles à tous les élèves, réduisant ainsi les disparités quant à ceux qui reçoivent de l’aide.
- Examiner régulièrement les voies d’accès aux soutiens et services en santé mentale et bien-être afin d’identifier les personnes non desservies, les obstacles à l’accès éventuels, et la manière dont ces obstacles peuvent être systématiquement traités.
- Des examens réguliers des politiques et pratiques du conseil et de l’école peuvent aider à identifier et à traiter les préjugés enracinés dans les idéologies dominantes, (telles que la ). Ces préjugés, qu’ils se manifestent dans les codes vestimentaires, les symboles ou ce qui est reconnu dans les calendriers scolaires, peuvent nuire au sentiment d’appartenance et de sécurité des élèves, qui sont essentiels à une bonne santé mentale et au bien-être.
Développer et utiliser des ressources reflétant une diversité d’histoires et de perspectives. La représentation et les approches culturellement ancrées favorisent le sentiment d’appartenance, réduisent la stigmatisation et augmentent la pertinence ainsi que l’efficacité de la promotion de la santé mentale.
- Explorer l’adoption de cadres cliniques et de boîtes à outils conçus pour soutenir les besoins uniques des élèves issus de communautés marginalisées en mettant l’accent sur l’équité et les soins adaptés à la culture, tels que les modèles afrocentriques qui intègrent les valeurs et les traditions culturelles africaines ou la vision à deux yeux qui tisse les approches autochtones et occidentales dans les pratiques de guérison.
- Des ressources prêtes à l’emploi peuvent aider le personnel à réagir aux microagressions et au racisme sur le moment et à rétablir un climat sécuritaire pour tous les élèves touchés.
- Des discussions critiques sur le racisme systémique, le colonialisme, l’âgisme, le sexisme et le privilège en lien avec la santé mentale et le bien-être peuvent être intégrées aux activités en classe dans toutes les matières, par exemple Aborder des discussions avec les élèves sur le racisme envers les Noirs au sein d’un climat qui favorise la santé mentale.
Resources
Engager
Par engagement, nous entendons les conversations réciproques — et non la collecte d’informations — où se rencontrent, s’informent et s’influencent mutuellement les parties.
Les élèves veulent participer à la conversation sur la santé mentale en milieu scolaire, et leurs points de vue sont au cœur des pratiques et des soutiens différenciés en matière de santé mentale en milieu scolaire qui soutiennent l’affirmation identitaire. Créer des plateformes partagées et continues avec les élèves où ils peuvent prendre les devants souligne l’importance de la représentation et des perspectives diversifiées tout en abordant les obstacles à la participation. De nombreux conseils scolaires ont mis en place des groupes de leadership en santé mentale, où les élèves participent à la prise de décision avec le soutien d’alliés adultes.
Les familles, les aidants naturels et les communautés jouent également un rôle essentiel. Les élèves développent leur sentiment d’identité et d’appartenance à travers la famille, la culture, la foi, la communauté et les réseaux personnels. Autour des élèves gravitent des communautés qui peuvent inclure la famille élargie, des groupes culturels, des communautés religieuses, des groupes linguistiques, des communautés fondées sur le genre et la sexualité, ainsi que bien d’autres. Les organisations communautaires détiennent souvent des connaissances et des pratiques culturelles qui soutiennent de manière significative le bien-être des élèves. Un engagement efficace nécessite de la flexibilité et une ouverture aux nombreuses façons dont les élèves et les familles définissent le soutien.
Une participation significative est renforcée lorsque les élèves et les parents ou aidants naturels peuvent facilement et confortablement prendre part, en toute connaissance de cause, aux discussions sur la santé mentale. La mise à disposition de ressources accessibles en matière de littératie en santé mentale, telles que À vos côtés/Walking together et LIT SM pour les élèves, contribue à créer une base commune de compréhension. Cela permet de « niveler le terrain », de soutenir une participation plus confiante et éclairée et de permettre aux élèves ainsi qu’aux parents ou personnes responsables de faire part des perspectives fondées sur leurs expériences vécues et leurs savoirs culturels.
L’engagement et la collaboration reposent sur l’humilité culturelle, soit un engagement continu envers la réflexion personnelle, l’apprentissage et la prise de conscience de ses propres biais, identités et expériences de pouvoir et de privilège. L’humilité culturelle inclut la reconnaissance des limites de ses propres connaissances et le maintien d’une ouverture à l’apprentissage auprès des élèves, des parents, des aidants naturels et des communautés. Elle implique d’examiner la manière dont les croyances et les valeurs influencent les interactions et les décisions, afin de garantir un engagement respectueux, adapté et fondé sur une compréhension commune.
Que nous dit la recherche?
- Des recherches récentes soulignent l’importance d’impliquer directement les élèves dans des conversations sur leur santé mentale. Cela renforce leur autonomie et garantit que leurs identités, cultures et expériences vécues sont reflétées dans les soutiens. L’initiative #ONecoute2024 souligne également l’interconnexion entre l’identité, la culture et la santé mentale, renforçant l’importance des plateformes centrées sur l’élève.
- Les approches collaboratives incluant les parents, les aidants naturels et les communautés, souvent façonnées par la recherche participative communautaire, ont démontré leur efficacité pour soutenir le développement de programmes de santé mentale adaptés à la culture et affirmant l’identité.
- L’humilité culturelle est essentielle à ce processus. Contrairement aux modèles traditionnels de « compétence », l’humilité culturelle met l’accent sur une réflexion continue, la conscience des dynamiques de pouvoir et l’action pour contester l’oppression systémique. Cette perspective reconnaît les communautés comme des expertes de leurs propres expériences et contribue à garantir que les soutiens en santé mentale sont co-créés, adaptés et efficaces.
Considérations et approches
L’engagement est une responsabilité collective à l’échelle du système scolaire. Cela va au-delà du travail des équipes de leadership en santé mentale et implique des efforts coordonnés entre les services, les portefeuilles et les rôles. Chaque membre du personnel contribue aux relations, à la confiance et aux pratiques adaptées à la culture qui soutiennent la santé mentale et le bien-être des élèves. Cela inclut la création d’occasions pour la prise de parole des élèves, l’établissement de liens avec les parents et les aidants naturels, le renforcement des partenariats avec les communautés, et la garantie que les efforts d’engagement reflètent une diversité d’identités, de cultures et d’expériences vécues.
Lorsque divers services au sein des conseils scolaires et des groupes établis de parents et d’aidants naturels, de la communauté et d’élèves — par exemple les élèves conseillers, les conseils d’éducation autochtone, les comités de participation des parents et les conseils scolaires catholiques — collaborent de manière intentionnelle, l’engagement devient plus significatif et soutient une santé mentale en milieu scolaire qui affirme l’identité de tous les élèves.
Parmi les mesures concrètes à envisager dans ce domaine, mentionnons les suivantes :
Impliquer les élèves dans la planification et les programmes en santé mentale afin de refléter les expériences vécues, les cultures et les identités des élèves.
- Explorer des occasions de leadership en santé mentale, telles que les comités dirigés par des élèves ou les programmes de mentorat à l’échelle scolaire et systémique qui reflètent une diversité d’identités et de perspectives intersectionnelles, par exemple Mission connexion.
- Engager les élèves à cocréer des plateformes pour discuter des approches affirmant l’identité en matière de santé mentale. Les élèves du secondaire agissant en tant que champions de la santé mentale peuvent contribuer à garantir que les soutiens soient pertinents pour leurs pairs, y compris les élèves plus jeunes.
- Offrir aux élèves des occasions d’acquérir des connaissances en santé mentale, par exemple LIT SM, les blogues et les publications de Pros’pairs SMS, ainsi que des modules de littératie en santé mentale en 6e, 7e et 8e et 10e année, afin de les aider à participer de manière informée aux conversations sur la santé mentale. Établir une compréhension commune permet de « niveler le terrain » et favorise une participation plus confiante et éclairée.
- Reconnaître que les élèves peuvent rechercher et définir le « soutien » de différentes façons selon leurs contextes personnels et communautaires.
Impliquer les parents et les aidants naturels dans la planification et les programmes en santé mentale afin de refléter les expériences vécues, les cultures et les identités des élèves et de renforcer le cercle de soutien autour de chaque élève.
- Envisager diverses stratégies de mobilisation et de communication éclairées par les parents, les aidants naturels et les communautés.
- Éviter une vision axée sur les les forces, les connaissances et les expériences vécues que les familles apportent, particulièrement lorsque les espaces décisionnels sont partagés et que l’humilité culturelle est appliquée.
- Impliquer les parents et les aidants naturels en tant que partenaires égaux dans les initiatives de santé mentale et de bien-être par le biais de diverses occasions formelles et informelles de contribution.
- Fournir des ressources et des services dans plusieurs langues, faciles à comprendre, culturellement pertinents et accessibles aux familles.
- Proposer des occasions de littératie en santé mentale aux parents et aux aidants naturels, par exemple du contenu adapté de À vos côtés/Walking together ou des outils d’apprentissage en santé mentale accessibles, afin de soutenir une participation éclairée et une compréhension commune lors des efforts de mobilisation.
- Veiller à ce que les efforts d’engagement soient flexibles, en reconnaissant que la volonté ou la capacité des familles à participer peut être influencée par des expériences passées d’exclusion, de marginalisation ou de préjudice au sein des écoles ou d’autres systèmes.
Établir, élargir et renforcer les partenariats communautaires car ils enrichissent la santé mentale en milieu scolaire qui affirme l’identité en reliant les élèves et les familles à des connaissances, des pratiques et des soutiens adaptés à la culture.
- Envisager l’établissement d’objectifs mesurables visant à accroître l’engagement communautaire, en portant une attention particulière aux communautés sous-représentées dans les données scolaires ou à l’échelle des conseils scolaires. L’engagement peut prendre différentes formes pour les groupes historiquement ou actuellement mal desservis et peut nécessiter de la flexibilité dans la planification et la mise en œuvre.
- Collaborer avec les organismes communautaires afin de cocréer des programmes qui affirment l’identité et sont adaptés à la culture, en veillant à ce que ces partenariats soient réciproques et mutuellement bénéfiques.
- Collaborer avec des conseillers culturels autochtones pour intégrer les connaissances et les traditions autochtones locales dans les efforts de promotion et de prévention en santé mentale. Cette collaboration soutient la réciprocité et le respect des pratiques culturelles.
- Fournir des ressources et des services dans plusieurs langues, faciles à comprendre, culturellement pertinents et accessibles aux familles et aux élèves.
Créer des mécanismes de rétroaction qui contribuent à garantir que l’engagement demeure significatif, réactif et reflète les besoins des élèves, des parents, des aidants naturels et de la communauté.
- Réfléchir à la manière dont les ressources, les soutiens, les politiques et les procédures sont évalués. Envisager la mise en place de boucles de rétroaction continues, telles que des comités consultatifs permanents ou des structures de suivi régulières, qui vont au-delà de consultations ponctuelles.
- Utiliser les rétroactions pour orienter les pratiques, améliorer les programmes et s’assurer que les démarches d’engagement continuent de répondre aux besoins des élèves et des familles.
S’engager à renforcer l’humilité culturelle du personnel afin de soutenir un engagement respectueux, éclairé et affirmant l’identité.
- Créer des occasions pour le personnel de réfléchir à leurs propres identités, expériences et préjugés afin de favoriser une culture d’humilité et d’ouverture aux perspectives diverses.
- Envisager d’offrir des formations en cours d’emploi à l’aide de l’outil d’autoréflexion sur l’humilité culturelle de SMS-ON, en prévoyant du temps et des espaces dédiés pour que les équipes puissent apprendre, réfléchir et appliquer ces concepts dans leur pratique.
Resources
Amplifier
« Par amplification, nous entendons les pratiques visant à augmenter le volume des voix souvent marginalisées ou réduites au silence. » (Higgs et coll., 2021)
Amplifier les perspectives marginalisées en santé mentale en milieu scolaire est essentiel, car de nombreuses approches utilisées dans les écoles aujourd’hui ont été façonnées par des idées eurocentriques et coloniales. Ces approches ne reflètent souvent pas les expériences vécues, les cultures et les forces de nombreux élèves. Lorsque certaines perspectives sont toujours au centre, d’autres sont reléguées en marge, ce qui peut limiter la pertinence et l’efficacité des soutiens en santé mentale.
L’amplification intentionnelle aide à modifier ce schéma. Cela crée un espace permettant aux connaissances, aux expériences et au leadership des communautés noires, autochtones et autres communautés marginalisées d’informer de manière significative les pratiques de santé mentale en milieu scolaire. Ces communautés détiennent un savoir et une expertise riches et anciens qui favorisent le bien-être et sont enracinés dans la culture, les relations et la force collective. Lorsque ces manières de savoir éclairent la santé mentale en milieu scolaire, les soutiens deviennent plus adaptés à la culture, valorisants et réactifs, non seulement pour des groupes particuliers d’élèves, mais pour l’ensemble de la communauté scolaire.
Renforcer le leadership et l’expertise des partenaires culturels et communautaires constitue un élément clé de ce travail. Il faut faire preuve de prudence afin d’éviter l’appropriation, c’est-à-dire utiliser quelque chose provenant d’une autre culture que la vôtre à des fins personnelles sans permission, en cocréant des occasions authentiques permettant aux praticiens de diriger et de transmettre leurs connaissances et leurs pratiques. L’amplification élargit les cadres et les perspectives, ce qui se traduit par une pratique en santé mentale en milieu scolaire reflétant les diverses réalités des élèves et de leurs communautés, remettant en question le modèle « universel ». Cette approche inclusive vise à améliorer la pertinence des soutiens, favorise l’autonomie, le bien-être et l’espoir non seulement pour les élèves noirs et autochtones, mais pour tous les élèves.
Comprendre quelles identités sont les plus touchées par les inégalités en matière de santé mentale constitue également une partie essentielle de l’amplification. Les données désagrégées des écoles et des conseils scolaires peuvent aider à révéler des tendances qui ne sont pas immédiatement visibles. Ces données peuvent aider les écoles et les systèmes à mieux comprendre qui est bien desservi, qui est mal desservi et où des changements sont nécessaires. Lorsque ces informations sont associées au leadership et à l’expertise des partenaires culturels et communautaires, les écoles et les systèmes sont mieux en mesure de repenser les soutiens de manière plus équitable, accessible, adaptée à la culture et réactive. Ensemble, ces efforts renforcent les pratiques en santé mentale en milieu scolaire et reflètent les forces, les besoins et les réalités diversifiés de tous les élèves.
Que nous dit la recherche?
- Les recherches actuelles montrent que la santé mentale des élèves s’améliore lorsque leurs expériences culturelles, spirituelles et identitaires sont reconnues et affirmées de manière significative à l’école. Les études indiquent que les identités sociales et culturelles des élèves sont au cœur de leur sentiment d’appartenance à l’école et que se sentir respecté, représenté et valorisé est fortement associé au bien-être psychologique. Lorsque les élèves vivent cette forme d’affirmation identitaire, cela renforce leur sentiment d’importance et de connexion au sein de l’environnement scolaire — des facteurs de protection essentiels pour la santé mentale. Les recherches à long terme montrent que des niveaux plus élevés d’appartenance à l’école sont associés à une diminution des symptômes de dépression, d’anxiété et de stress au fil du temps, soulignant ainsi le rôle des pratiques scolaires affirmant l’identité dans le soutien au bien-être des élèves, en particulier pour les élèves issus de communautés historiquement marginalisées.
- Pris dans leur ensemble, ces recherches soulignent l’importance d’examiner et de reconsidérer la manière dont les soutiens en santé mentale en milieu scolaire sont conceptualisés et offerts. En centrant intentionnellement les perspectives et le leadership des communautés noires, autochtones et autres communautés historiquement marginalisées, les écoles peuvent élargir leur compréhension de ce à quoi peut ressembler un soutien efficace en santé mentale pour les élèves d’aujourd’hui. Cela invite les systèmes à faire place à des approches qui peuvent être moins familières dans les modèles traditionnels de santé mentale en milieu scolaire, et à apprendre aux côtés de ceux qui possèdent une expertise vécue, culturelle et communautaire. Plutôt que de remplacer les pratiques occidentales existantes, ce travail consiste à tisser plusieurs manières de savoir et de soutenir le bien-être, en s’appuyant sur des approches fondées sur les forces, adaptées à la culture et éclairées par des données probantes, de manière réactive et flexible.
Considérations et approches :
Amplifier les perspectives marginalisées en santé mentale en milieu scolaire est un travail collectif. Cela nécessite une coordination continue entre les services, les portefeuilles et les rôles, y compris l’équité, l’éducation autochtone, les écoles sécuritaires, le programme d’études, la santé mentale, les ressources humaines et les équipes au niveau des écoles. Chaque membre du personnel contribue à créer des conditions où les élèves se sentent écoutés, valorisés et soutenus. Les pratiques suivantes aident les écoles à valoriser intentionnellement les perspectives et les expériences des élèves noirs, autochtones et d’autres groupes marginalisés, de manière à renforcer les soutiens en santé mentale qui affirment leur identité.
Créer des plateformes qui amplifient les expériences des élèves issus de communautés marginalisées afin que les soutiens en santé mentale soient pertinents, accessibles et efficaces.
- Soutenir les groupes et les initiatives fondés sur l’identité qui offrent un espace aux élèves pour exprimer leurs expériences et contribuer à façonner les solutions en santé mentale en milieu scolaire.
- Utiliser des principes tels que Écouter, croire et agir pour garantir que lorsque des élèves marginalisés expriment des préoccupations concernant la sécurité, l’identité ou le bien-être, leurs perspectives orientent les prochaines étapes.
- Organiser des rencontres d’élèves où des jeunes issus d’une diversité d’identités sont soutenus pour faire émerger des thèmes communs et cocréer des recommandations pouvant directement éclairer les stratégies en santé mentale.
- Tenir des forums ou des retraites visant à recueillir et amplifier les perspectives d’élèves issus de groupes prioritaires afin de mettre en lumière des tendances qui pourraient autrement passer inaperçues.
Utiliser et cocréer des ressources qui valorisent une diversité de façons de savoir et d’être afin d’aider tous les élèves à se reconnaître dans les soutiens en santé mentale.
- S’assurer que les outils d’apprentissage et les ressources en santé mentale reflètent une vaste gamme de cultures, d’histoires et de visions du monde, et pas seulement les récits dominants.
- Cocréer des ressources en santé mentale et en bien-être avec les communautés marginalisées, en veillant à ce que leurs connaissances et expériences vécues façonnent de manière significative les soutiens.
- Intégrer les savoirs communautaires, les pratiques culturelles et les traditions comme sources fondées sur des données probantes qui soutiennent le bien-être des élèves.
- Dans le cadre de processus continus, auditer et évaluer les ressources existantes afin de déterminer quelles perspectives sont mises de l’avant et les ajuster intentionnellement pour amplifier celles qui ont été historiquement marginalisées.
Prioriser les pratiques qui favorisent l’amplification, car lorsque les perspectives marginalisées influencent ces systèmes, les inégalités diminuent et les élèves bénéficient d’un accompagnement plus adapté.
- Explorer les possibilités de visiter ou d’accueillir des leaders communautaires, des praticiens culturels ou des professionnels de la santé mentale ayant des expériences vécues afin de coanimer des séances de perfectionnement professionnel ou des discussions en classe dans le cadre d’un apprentissage continu et planifié.
- Rechercher de manière constante des moyens de collaborer, d’intégrer et de valoriser les approches adaptées à la culture et ancrées dans l’identité.
- Chercher à orienter un financement durable vers la création de plusieurs postes spécifiquement conçus pour faire progresser la réconciliation et l’équité, ainsi que pour amplifier les perspectives sous-représentées en santé mentale en milieu scolaire.
- Évaluer les comités et les forums de prise de décision afin de déterminer s’ils reflètent la diversité de la communauté desservie et créer des voies permettant aux membres marginalisés de la communauté de contribuer et d’assumer des rôles de leadership au sein de ces comités et de ces forums s’ils ne sont pas représentatifs de la communauté.
- Encourager la formation en éducation autochtone pour le personnel enseignant afin qu’il possède les connaissances, les compétences et les outils nécessaires pour intégrer les savoirs autochtones sur le bien-être dans ses leçons, quel que soit le domaine d’étude. Voir appropriation vs appréciation pour en savoir plus.
Resources
Réagir
Par « réagir », nous entendons fournir intentionnellement des soutiens en santé mentale qui reflètent les identités, les réalités et les besoins exprimés des élèves.
Pour que les élèves renforcent leur capacité à prendre soin de leur santé mentale, ils doivent avoir accès à des ressources en santé mentale en milieu scolaire dans l’ensemble du système de soutien à plusieurs niveaux qui sont propices, accessibles, réactives, différenciées et qui reflètent leurs réalités. Les protocoles et les approches de santé mentale en milieu scolaire sont principalement élaborés et testés à partir de perspectives blanches et européennes. Cela renforce l’approche « d’une seule voie », qui ne répond pas aux besoins de chaque élève, et va à l’encontre de la pratique éthique qui exige des approches différenciées et anti-oppressives.
Les élèves ont besoin de soutiens en santé mentale qui sont créés et éclairés par leurs expériences vécues, ainsi que par leurs identités intersectionnelles et en développement — parce que qui vous êtes a une incidence sur ce que vous ressentez. Lorsque les identités sont affirmées, reflétées et célébrées, et qu’il y a un sentiment d’espoir, d’objectif, d’appartenance et de sens, les élèves sont plus susceptibles de ressentir un fort sentiment de santé mentale positive, de bien-être et de connexion. Les approches d’affirmation identitaire et différenciées de la santé mentale en milieu scolaire répondent aux besoins des élèves par leur pertinence, leur accessibilité et leur efficacité, favorisant en fin de compte de meilleurs résultats pour chaque élève.
- Les approches différenciées de la santé mentale en milieu scolaire adaptent le soutien et les services selon les besoins, les forces, les circonstances, les préférences et les expériences uniques de chaque élève, tout en validant et en respectant son identité et ses antécédents. La différenciation renforce le fait qu’il n’existe pas de solution unique adaptée à tous.
- Le soutien en santé mentale favorisant l’affirmation identitaire centre le sentiment de soi et l’identité d’une personne et tient compte de l’incidence des identités sur la santé mentale et sur le bien-être. Cela implique d’établir des liens positifs en reconnaissant, en validant et en respectant l’identité unique de chaque élève, y compris, notamment, sa race, son origine ethnique, son genre, son orientation sexuelle, son origine culturelle, son statut socioéconomique, sa foi et ses capacités. Il intègre également et accorde la priorité aux connaissances culturelles ainsi qu’aux façons d’être et de faire qui répondent à chaque élève, et constitue une norme éthique de la pratique réglementée en santé mentale en milieu scolaire.
Que nous dit la recherche?
- Pour les enfants et les jeunes aux identités marginalisées, l’accès aux soins de santé mentale peut poser problème, et les écoles offrent une voie importante pour accéder à ces soins, bien que le potentiel des écoles reste largement inexploité. Pour atteindre leur plein potentiel, comme première étape, les services de santé mentale en milieu scolaire doivent offrir des services à tous les niveaux du système de soutien qui répondent aux diverses identités des élèves, de leur famille et de leurs communautés.
- De nombreux programmes existants ainsi que les formations et l’éducation en santé mentale ont été élaborés à partir de cadres principalement occidentaux et eurocentriques, ce qui ne permet souvent pas de répondre aux besoins uniques des élèves marginalisés. Pour soutenir efficacement la santé mentale des élèves, les écoles doivent offrir des services qui non seulement affirment leurs identités et sont adaptés à la culture, mais qui reflètent également les réalités des élèves qu’elles desservent.
- Cela peut se traduire par la mise en œuvre de programmes existants en tenant compte des spécificités culturelles, par exemple lors de l’application du protocole CIBLE, qui est déjà une ressource axée sur les points forts, les cliniciennes et cliniciens laissent aux élèves la possibilité de décrire les domaines qu’ils souhaitent aborder dans toute la richesse de leur contexte, en s’appuyant sur des aspects culturels et communautaires. Cela peut aussi se traduire par l’adaptation des programmes destinés aux élèves afin d’y inclure des éléments adaptés à leur culture, par exemple en invitant les élèves à approfondir et à personnaliser leurs stratégies en s’appuyant sur des pratiques culturelles qu’ils trouvent utiles, ou en élaborant et en utilisant des programmes adaptés à des identités précises, par exemple FORT pour soutenir les élèves nouveaux-arrivants, Passerelles pour soutenir les élèves 2ELGBTQIA+, ou Parlons-en pour soutenir les élèves qui s’identifient comme Noirs.
Considérations et approches :
Répondre aux besoins en santé mentale des élèves nécessite des soins intentionnels, affirmant l’identité et différenciés à travers le système de soutien à plusieurs niveaux. Puisque les identités, les cultures et les expériences vécues des élèves influencent la manière dont les préoccupations en matière de santé mentale sont exprimées, comprises et soutenues, les voies de réponse doivent dépasser les modèles « unidirectionnels » ancrés dans des visions du monde dominantes.
La santé mentale efficace en milieu scolaire adapte les soutiens aux contextes uniques de chaque élève, validant ainsi leur identité et honorant leurs identités intersectionnelles. Un soutien significatif et durable bénéficie de la collaboration entre les services, tels que les services aux élèves, l’éducation autochtone, l’équité et l’inclusion, l’éducation spécialisée, la direction scolaire et les équipes de partenariat communautaire, afin que les pratiques en santé mentale soient harmonisées, renforcées et intégrées dans l’ensemble de l’environnement éducatif. Lorsque les réponses sont adaptées à la culture, accessibles, collaboratives et reflètent la réalité des élèves, elles favorisent la connexion, la sécurité et la confiance, créant ainsi des conditions où chaque élève peut accéder à des soins opportuns et significatifs.
Parmi les mesures concrètes à envisager dans ce domaine, mentionnons les suivantes :
Promouvoir des approches centrées sur l’élève pour renforcer les systèmes de réponse en santé mentale. Lorsque les élèves contribuent à définir l’apparence, le ton et la forme des soutiens, les services deviennent plus pertinents, accessibles et efficaces.
- Coconcevoir des initiatives de promotion de la santé mentale et des mesures de soutien qui placent les perspectives des élèves au centre, en veillant à ce qu’ils jouent un rôle significatif dans l’élaboration de ressources qui reflètent leurs besoins et leurs expériences.
- Explorer les possibilités pour les élèves de diriger ou de codiriger et de participer à des initiatives en santé mentale à l’école, dans la communauté et au niveau du conseil scolaire, afin de favoriser leur autonomie en matière de bien-être.
- Dans le cadre thérapeutique, adopter des démarches dirigées par les élèves afin d’aider les jeunes à cerner et à développer leurs forces et leurs stratégies.
Intégrer des approches affirmant l’identité et adaptées à la culture dans la promotion de la santé mentale.
- Collaborer aux campagnes à l’échelle de l’école pour sensibiliser à la santé mentale, à la santé liée à l’usage de substances et réduire la stigmatisation, en mettant l’accent sur l’importance des approches affirmant l’identité.
- S’associer à des personnes ayant une expertise pour coélaborer une série de formations destinées au personnel afin de soutenir des pratiques de classe adaptées à la culture et de promotion de la santé mentale.
- Encourager le personnel à réfléchir à sa propre identité et à ses biais et à examiner comment ceux-ci peuvent influencer les soutiens et les approches proposés aux élèves dans les domaines de la promotion du mieux-être, du développement des compétences socioémotionnelles, de la réduction de la stigmatisation et de la littératie en santé mentale.
- Lors de l’introduction de l’apprentissage lié à la santé en matière de consommation de substances et à la prévention des dépendances, il convient de prendre en compte avec soin les expériences vécues des élèves en classe, en appréciant les fardeaux que certains élèves portent en raison des traumatismes intergénérationnels et communautaires ou de la stigmatisation liée à la consommation de substances.
- Encourager le personnel à réfléchir à l’utilisation des activités, des ressources et des approches en matière de bien-être afin d’assurer un environnement anti-oppressif, antiraciste et affirmant l’identité.
- Reconnaître et aborder la santé mentale dans le contexte du bien-être global des élèves, y compris leurs besoins sociaux, émotionnels et culturels.
- Explorer, en collaboration avec les services autochtones, d’équité et de programmes d’études, la mise à disposition des écoles d’une boîte à outils de pratiques culturellement adaptées afin de cultiver des stratégies de mieux-être pertinentes en classe.
- Offrir une formation sur les pratiques restauratrices et tenant compte des traumatismes afin de s’aligner sur une éducation centrée sur l’équité et de favoriser la création d’un sentiment de communauté dans les salles de classe.
- Travailler avec les élèves pour informer et améliorer les approches de promotion du bien-être affirmant l’identité en classe.
- Envisager des séances de perfectionnement professionnel sur les pratiques de promotion de la santé mentale affirmant l’identité pour les nouveaux membres du personnel enseignant.
Intégrer des pratiques affirmant l’identité et adaptées à la culture dans les services de prévention et d’intervention précoce offerts par les professionnels de la santé mentale en milieu scolaire, niveaux 2 et 3.
Concevoir des soutiens de niveaux 2 et 3 accessibles et adaptatifs :
- Offrir et soutenir une formation professionnelle continue fondée sur des données probantes sur les pratiques affirmant l’identité à l’intention des professionnels en santé mentale, pouvant être intégrée aux services de prévention et d’intervention précoce. Voir le calendrier des possibilités de formation offertes par SMS-ON.
- Réviser et adapter les modules et procédures de prestation de services pour le soutien de niveaux 2 et 3 afin de garantir qu’ils soient accessibles et adaptés à tous les élèves, en particulier ceux issus de communautés marginalisées. Tenir compte des obstacles tels que la langue, les capacités et la stigmatisation, par exemple l’âge du consentement pour accéder aux services de santé mentale en milieu scolaire.
- Fournir des ressources et des services dans plusieurs langues, faciles à comprendre, culturellement pertinents et accessibles aux familles et aux élèves.
- Établir, renforcer et maintenir des partenariats communautaires réciproques, en reconnaissant que certains élèves peuvent préférer accéder à des services de soutien en santé mentale en dehors de l’école. Les écoles jouent un rôle important en facilitant des voies respectueuses et sans obstacle vers des services adaptés à la culture, dirigés par la communauté ou propres à une identité, lorsque ces services sont les soutiens choisis par les élèves.
Renforcer la capacité et les conditions de la main-d’œuvre.
- Planifier de façon intentionnelle le recrutement, le soutien et la rétention d’une diversité de professionnels en santé mentale issus de différentes identités à tous les niveaux.
- Reconnaître les défis particuliers auxquels font face les professionnels en santé mentale ayant des identités marginalisées et s’assurer que les gestionnaires disposent des outils nécessaires pour offrir du soutien et d’un mécanisme leur permettant eux-mêmes d’y avoir accès.
- Une attention particulière doit être accordée au soutien des besoins uniques du personnel effectuant un travail lié à des identités spécifiques, par exemple les accompagnateurs pour l’obtention du diplôme, les animateurs ou les conseillers d’une alliance gais-hétéros, dont le travail peut partager des aspects de leur identité avec celle des élèves qu’ils accompagnent.
Aligner les protocoles, les données et la prise de décision sur des pratiques affirmant l’identité.
- Revoir et mettre à jour les protocoles de promotion de la vie et de prévention du suicide afin de garantir leur alignement sur des pratiques affirmant l’identité, antiracistes et adaptées à la culture. Par exemple, réexaminer les politiques et les procédures de soutien en situation de crise pour évaluer de manière critique quand faire appel à la police plutôt qu’aux intervenants en santé mentale, compte tenu des cas bien documentés de préjudice envers les personnes racisées lors de crises de santé mentale.
- Prendre en compte et analyser attentivement les données fondées sur l’identité afin de déterminer les groupes d’élèves qui subissent des risques et des préjudices disproportionnés (par exemple les jeunes inuits et 2E/LGBTQIA+ présentent certains des taux de suicide les plus élevés au Canada). Élaborer des protocoles fondés sur les forces et coélaborés qui reflètent les contextes culturels et les réalités de ces communautés.
- Utiliser les données de la voix des élèves pour réduire les obstacles aux soutiens et services en santé mentale.
- Explorer les occasions de discuter du cadre d’affirmation identitaire en matière de santé mentale en milieu scolaire lors de la supervision clinique, lors de l’établissement des objectifs du service, ainsi que lors de la planification du suivi et de l’évaluation à tous les niveaux du système.
Surveiller les résultats et célébrer les réussites.
- Réfléchir régulièrement à l’efficacité des programmes de santé mentale par le biais d’enquêtes, de séances de rétroaction, d’observations et d’analyses de données afin de s’assurer qu’ils répondent aux besoins de chaque élève.
- Être ouvert à l’adaptation, à l’ajustement ou à la remise en question des programmes en réponse aux commentaires des élèves et des partenaires communautaires. Si les programmes existants ne répondent plus aux besoins des élèves desservis, il est nécessaire d’abandonner ces efforts et de passer à des soutiens plus adaptés. Cela peut être difficile lorsque le personnel est à l’aise avec les pratiques actuelles, il est donc nécessaire d’avoir un processus incluant une communication claire et une justification du changement, ainsi qu’un accompagnement pour la transition vers un nouveau protocole. Envisager de suivre les résultats en matière de santé mentale des élèves et de célébrer les succès des initiatives affirmant l’identité afin de renforcer leur importance et leur efficacité. Non seulement cette mesure a une incidence, mais elle contribue également à développer une base de données probantes pour les initiatives nouvelles et émergentes.
- Partager des histoires de réussite et de meilleures pratiques avec la communauté élargie afin d’inspirer un engagement accru envers des soins de santé mentale affirmant l’identité, et de soutenir les initiatives, les politiques, les pratiques et le financement.










