Mettre explicitement l’accent sur les points de vue et les expériences des Noirs et des Autochtones
Les peuples autochtones et les personnes noires ont subi, au Canada, des violations délibérées, étendues et prolongées de leurs droits de la personne. Les héritages de la colonisation, de l’esclavage et des pensionnats ont créé des systèmes qui continuent d’opprimer et de marginaliser les communautés en limitant l’accès aux ressources, aux possibilités et au pouvoir décisionnel. Accorder une attention intentionnelle à la mise en valeur des perspectives et des expériences des élèves noirs et autochtones permet de reconnaître ces histoires ainsi que les réalités actuelles d’oppression, de racisme et de marginalisation qui persistent dans la société et dans les écoles et qui ont des répercussions sur leur santé mentale et leur bien-être.
La recherche démontre des disproportions claires (taux disproportionnés de troubles de santé mentale) et des disparités (accès inégal à des soutiens et à des services adaptés à la culture) vécues par les enfants et les jeunes noirs et autochtones, y compris des taux accrus d’idéation et de comportements suicidaires.
Les jeunes ayant des identités marginalisées croisées — c’est-à-dire dont les expériences sont façonnées par plus d’un aspect de l’identité, comme la race, le genre, la sexualité et la capacité — peuvent être particulièrement à risque. nous aide à comprendre comment les formes d’oppression qui se chevauchent (par exemple, le racisme, le sexisme, l’homophobie) peuvent se combiner pour accentuer la discrimination et intensifier les enjeux de santé mentale. Cela se reflète dans les taux nettement plus élevés d’idéation suicidaire et de tentatives chez les jeunes des Premières Nations bispirituels et appartenant à des minorités sexuelles. Ces tendances sont directement liées à l’oppression systémique et aux inégalités sociétales plus larges.
Les communautés noires et autochtones ont préservé des manières de savoir et d’être qui favorisent l’épanouissement, la guérison et l’excellence, malgré les injustices de longue date visant à les éliminer. Il existe de nombreux facteurs de protection au sein des communautés et des familles noires et autochtones qui soutiennent la santé mentale et le bien-être. Ces forces ne sont pas accidentelles, elles se construisent à travers des générations de résistance, d’adaptation et de soin face à l’oppression systémique. Parce que les communautés noires et autochtones vivent au sein de ces inégalités et les affrontent quotidiennement, elles ont développé une expertise approfondie dans la protection du bien-être, le maintien des liens communautaires et la promotion de la résilience chez les jeunes noirs et autochtones.
Reconnaître et intégrer ces perspectives dans les pratiques de santé mentale en milieu scolaire permet de rendre hommage à la valeur profonde des traditions et des pratiques culturelles, façonnées au fil des générations par l’observation, la pratique et leur mise en œuvre. Ces approches sont souvent aussi solides, voire plus solides, que les normes actuelles. La santé mentale fondée sur l’affirmation identitaire reconnaît que ces savoirs sont puissants, importants et pertinents pour l’expérience de nombreux élèves. Il est essentiel, et non accessoire, de valoriser ces forces enracinées dans la communauté. Les élèves noirs et autochtones bénéficient lorsque la sagesse de leurs communautés est reconnue comme une expertise plutôt que comme une exception. Comme ces perspectives n’ont pas été traditionnellement placées au centre des pratiques de santé mentale en milieu scolaire, un espace intentionnel, délibéré et soutenu est nécessaire pour les valoriser et les intégrer.
Mettre l’accent sur les perspectives et les expériences des élèves noirs et autochtones en matière de santé mentale en milieu scolaire ne diminue pas les autres perspectives et expériences; cela renforce plutôt la capacité à cerner et à réduire les iniquités systémiques qui touchent l’ensemble des élèves.. L’examen des politiques, des procédures et des pratiques à travers le prisme des personnes les plus touchées de manière disproportionnée favorise des environnements et des cultures scolaires où la diversité des perspectives est valorisée et respectée. Cet élargissement des perspectives, des idées et des manières de savoir améliore la réactivité et l’efficacité des efforts en matière de santé mentale en milieu scolaire.
